Axes spécifiques (GREI/LSA)

Mis à jour le

Par-delà l’axe commun « Le pouvoir: images, voies et échos », les deux équipes internes de l’ERIBIA, le Groupe de Recherche en Études Irlandaises (GREI) et Littératures, Images et Sociétés Anglophones (LSA), aborderont la thématique du pouvoir à travers plusieurs axes spécifiques à leurs champs de recherche.

Littératures, Images, Sociétés Anglophones (LSA) – Axes spécifiques

Parce que le pouvoir s’exerce sur et est exercé par un individu, un groupe, un territoire, un domaine de façon abstraite ou concrète, c’est un vecteur dynamique et dynamisant pour « Habiter, imaginer et transformer le monde ».  On continuera de questionner le rapport au territoire de la jeune Amérique mais aussi plus largement dans le monde anglophone : comment habiter, quel lien entretient-on avec un environnement, perçu comme culturellement nouveau, dans lequel le rapport de pouvoir est fondamental ?  Cette question du rapport au monde est au cœur de la littérature : le roman n’a de cesse d’imaginer le monde, passé et présent.  Si le roman entretient souvent son ancrage européen réaliste pour renouveler la mémoire du passé, il s’en écarte pour écrire le futur sous la forme de dystopieou dans la littérature post-coloniale. Par la critique qu’elles exercent, la caricature, la satire visuelle et d’autres formes d’arts visuels contribuent aussi à transformer le monde. Les notions nouvelles d’écologie queer, d’écocritique, d’écoféminisme sont autant de biais par lesquels remettre l’existant en question et appréhender ces transformations. Celles-ci passent aussi par l’expérimentation en didactique comme dans la littérature et les pratiques culturelles.

-> Actions mises en place 

– Colloque international : “Réseaux dans les mouvements transatlantiques XIXe-XXIe siècles” co-organisé par T. Djebali (avec Marie- Christine Michaud et Nolwenn Rousvoal), Université de Bretagne Sud-Lorient, 21-22 Mai 2026.

– Journée d’étude de l’école doctorale Normandie Humanités organisée par J. Beq, L. David, et M. Ollivary sur « Le travail : approches doctorales et pluridisciplinaires », Université de Caen, 20 mai 2026.

– Colloque « Réception, influence et critique de la philosophie baconienne en France » (décembre 2026), co-organisé par M. Popelard, seul colloque en France marquant les quatre cents ans de la disparition du philosophe anglais avec la participation de plusieurs des meilleurs spécialistes mondiaux du champ, dont Alan Stewart, Dana Jalobeanu, Sorana Corneanu et Angus Vine.

– Publication d’un numéro spécial de la revue Short Fiction in Theory & Practice (Intellect, 16.1, 2026), co-dirigé par Corinne Bigot et C. Lorre, sur « Materiality in Alice Munro’s Short Fiction ». 

– Publication d’une section dans la revue Journal of the Short Story in English / Les Cahiers de La Nouvelle (Presses Universitaires de Rennes & OpenEdition, 87, 2026) sur le thème « Postcolonial Exile », dirigée par Vanessa Guignery, C Lorre et Kerry-Jane Wallart.  5 articles critiques, 2 nouvelles inédites et l’entretien avec Ben Okri abordent la question de l’exil dans des configurations diverses, de la fin du 20e et début du 21esiècles.

–  Edition d’un numéro spécial de Interventions (Taylor & Francis online) sur « Material Matters and Environmental Justice in a Postcolonial World » par M. Kennedy et C. Lorre, à paraître fin 2026 ou 2027.

– Mise en place d’un Webinaire sur la thématique « Crafting Queerness » (A. Wells et 2026-27). Ce cycle de cinq interventions abordera la façon dont une approche de craft est utilisée afin d’exprimer le queerness. 

– Co-organisation du congrès de l’AFEC (C. Lorre avec Gwen Cressman, Claire Omhovère, Anne-Sophie Letessier et Léna Ferrier) à l’Université de Strasbourg les 23-25 juin 2027 sur « Le Canada face aux logiques de l’économie extractive : perspectives esthétiques, politiques, juridiques, historiques, économiques et environnementales ».

– Publication d’une section spéciale « Historical short fiction » dans Journal of the Short Story in English (JSSE), n°89 (automne 2027) dirigé par A. Parey avec D. Wallace (University of South Wales, UK) https://journals.openedition.org/jsse/5080 pour examiner la place de la fiction historique dans les formes brèves.

– Publication d’un dossier « Ecrire contre » dans la revue Polysèmes (automne 2027) dirigé par S. Levy-Valensi et A. Parey avec D. Ledigarchet-Doublet (LASLAR) 

– Projet de JE/colloque pour 2027, organisé par J. Elprin en collaboration avec ERIAC, Rouen, sur l’héritage romantique vu notamment par le prisme des récits dystopiques du 20eme et 21eme siècles.

La notion d’empowerment renvoie à deux enjeux distincts : au sentiment du pouvoir agir, d’une part, et à l’émancipation, d’autre part. Selon la définition d’Adams (2008), la notion d’empowerment désigne d’une part « la capacité des individus, des groupes et/ou des communautés à prendre le contrôle des circonstances qui sont les leurs, à exercer leur pouvoir et à atteindre leurs propres objectifs », et d’autre part, « le processus par lequel, individuellement et collectivement, ils sont en mesure de s’aider eux-mêmes et d’aider les autres à optimiser leur qualité de vie » (p. xvi). Au-delà de l’état et du processus, le terme « empowerment » renvoie également potentiellement au résultat du processus (Le Bossé, 2004) ; c’est la distinction que proposent Morin et al. (2022) lorsqu’elles définissent le terme : « Le développement du pouvoir agir (ou empowerment), concept aussi très présent dans le domaine (Schreiner et coll., 2005 ; Kwauk, 2020), est quant à lui plus englobant. Il signifie à la fois, le processus d’accroissement de l’agentivité et de l’accès aux ressources et commodités, ainsi que le résultat de cet accroissement. » (p. 8). Ces notions du pouvoir-agir et de l’émancipation prennent toute leur mesure dans le contexte de la didactique et de l’apprenant d’une langue vivante étrangère mais elles font également sens dans les études de genre, le droit des femmes et des « minorités ». Ce terme d’empowerment est directement lié aussi à l’idée dudroit qui donne, défend ou détruit le pouvoir. Cette double question du pouvoir-agir et de l’émancipation nourrit également l’interrogation sur le pouvoir de la fiction, de la littérature et des arts en général. 

-> Actions mises en place 

– Publication de P. Starfield Representation of Minorities in U. S. Cinema, McFarland & Co. (sous presse).

– Projet de publication aux PUC autour de la lecture intégrale de bandes dessinées ou de romans graphiques pour favoriser l’empowerment des apprenants en langue étrangère (E. Ouvrard).

– Publication d’un numéro de revue « Albums de littérature de jeunesse anglophones et enseignement-apprentissage de l’anglais Textes et contextes 22.1 (juin 2027) sous la direction de V. Alexandre et E. Ouvrard avec C. Collière-Whiteside (INSPE de Bourgogne).

– Colloque sur le pouvoir d’agir langagier en contextes informels et institutionnels (2028 ou 2029) organisé par E. Alvarez et E. Ouvrard : projet articulant didactique des langues, acquisition, socialisation langagière et analyse interactionnelle qui interrogera la manière dont le pouvoir d’agir langagier se construit progressivement dans et par la participation à des pratiques sociales situées, qu’il s’agisse de contextes familiaux, scolaires, associatifs ou institutionnels. Ce colloque permettra une réflexion épistémologique sur les liens entre agentivité, empowerment et pouvoir d’agir langagier.

–  journée d’étude « femmes et pouvoir » au printemps 2028 (M. Ollivary et L. Lesellier en collaboration avec 2 doctorantes du laboratoire HisTeMe et avec le soutien d’A. Wells).

Groupe de Recherche en Études Irlandaises (GREI) – Axes spécifiques

L’histoire et l’insularité de l’Irlande en font un territoire singulier pour l’exercice ou la contestation du pouvoir, que celui-ci soit institutionnel, esthétique ou religieux. Cette singularité se manifeste par l’application ou l’expérimentation de modèles, de la Plantation du XVIIème siècle au « power-sharing » contemporain en Irlande du Nord, en passant par de grandes réformes administratives dans l’île au XIXème siècle. Cet espace insulaire est aussi espace de circulations et de projections, qu’il s’agisse des diasporas ou du positionnement international adopté depuis l’indépendance. Y coexistent, et parfois s’y opposent, différentes mémoires collectives où se mêlent de multiples influences extérieures.

Ainsi, la littérature irlandaise explore souvent l’espace du pouvoir comme un lieu de liminalité où se croisent identités multiples, conflits historiques et transformations sociales, illustrant ainsi la complexité de la nation en quête de soi. Nombre de récits et mémoires collectives d’écrivain(e)s irlandais(es) interrogent la mémoire coloniale et postcoloniale ; ce faisant, ils dévoilent la manière dont le pouvoir s’inscrit dans des héritages traumatiques et des résistances culturelles. En outre, ils mettent en scène des confluences entre tradition et modernité, entre sphères locale et mondiale, et révèlent un espace du pouvoir en perpétuel rééquilibrage et un dialogue avec une histoire avec laquelle il est souvent impossible de vivre en paix. Amy Abdullah Barry ou Melatu Uche Okorie, résidentes en Irlande nées à l’étranger, portent un regard extérieur sur la société et la culture irlandaises. Elles explorent des thèmes typiquement postcoloniaux : hybridité, dislocation, distinction ‘eux’/’nous’, rapport centre-périphérie ou dominant-subalterne… Les innovations stylistiques d’Anna Burns, Sara Baume ou Mike McCormack, défient l’encodage du langage littéraire par le pouvoir culturel, tout en s’inscrivant dans une lignée d’expérimentation joycienne.

mots-clés : circulations – influences – modèles – contre-pouvoir – diplomatie – autorité (et ses déclinaisons, cf intitulé du séminaire) – mythes.

-> Evénements

– monographie d’Alexandra Maclennan. Cardinal Owen McCann, Catholicism, Apartheid and Diplomacy, South Bend, IL: University of Notre Dame Press: 2026.

– Journée d’étude “In-betweenness: interdisciplinary perspectives on  Irish culture” (avril 2026, S. Levy Valensi, E. Gallot et B. Cardin).

Commissions ad hoc

Parallèlement aux travaux menés dans le cadre de la thématique principale et des axes de recherche propres à chaque équipe interne, l’ERIBIA a mis en place depuis 2022 plusieurs commissions ad hoc. Il s’agit, pour ces structures temporaires, de porter un projet précis sur une durée variable qui peut se situer entre 12 et 24 mois, par exemple, en fonction des initiatives de l’équipe, et selon un mode de fonctionnement souple.

Commission Festival du livre anglophone

Responsable : Mickaël Popelard
Participants : Eric Alvarez, Bertrand Cardin, Jeremy Elprin, Elise Ouvrard, Armelle Parey, Mickaël Popelard

Commission Recherche-création

Responsable : Bertrand Cardin

Membres : Anca Cristofovici, Christine Lorre, Armelle Parey, Amy Wells

Commission ECsAM – Les Citoyennetés

Responsable : Linda Garbaye
Participants : Sébastien Mignot, Amy Wells, Taoufik Djebali, Andrew Ives.