Séminaire des enseignants-chercheurs
Responsable : Armelle Parey
Thématique 2022-2026 : « Le Pouvoir : Images, voies et échos ».
L’ERIBIA propose un séminaire interdisciplinaire qui réunit les chercheurs littéraires et civilisationnistes de LSA et de GREI et leurs invités de la communauté universitaire internationale et nationale. Au cours de ces dernières années, le Séminaire ERIBIA s’est interrogé sur plusieurs questions en rapport avec la mémoire.
Le séminaire de l’ERIBIA est organisé par les membres des deux équipes internes et dirigé alternativement par le membre de chaque équipe. Il recouvre des aspects de tous les axes et est ouvert aux enseignants-chercheurs issus des équipes du domaine des Sciences Humaines de Normandie Université, d’autres établissements universitaires en France et à l’étranger, ainsi qu’aux professionnels de la culture. Le séminaire assure également le lien avec la formation, à travers des conférences Agrégation/Recherche.
Programme des séminaires 2025-26
Auteur, auctorialité, autorité

1er octobre 2026, LI160 : Vanessa Guignery (ENS Lyon), “Julian Barnes et ses processus de création: une lecture des archives”. (Modératrice : Armelle Parey).
15 octobre 2026, SH126: Séminaire-Atelier doctorants animé par Léa David: Les outils de la recherche et les contrats doctoraux.
12 novembre 2026 : Deborah Lennie (artiste), “Expatriation et paysages chorégraphiques” (modératrice: Véronique Alexandre).
19 novembre 2026, SH027 : Colette Garrigan, “From Theory to Practice: Experimenting with Theory of Change as a Tool for Collective Reflection”, et Huong Dang, “Towards a transgenerational framework of trauma: Traumatic lineage and diasporic subjectivity”. Séminaire des doctorants.
26 novembre 2026, LI160: Anca Cristofovici (Université de Caen Normandie) et Caroline Granger (chercheuse indépendante), “Authorship in collaborative work” (modératrice: Lorie-Anne Rainville)
21 janvier 2027, SH027: séminaire-atelier doctorants animé par Sarah Levy-Valensi et Julie Beq : Candidater à un poste d’ATER et réaliser un CV académique.
4 février 2027, SH027 : Kimberley Page-Jones (Université de Bretagne Occidentale, Brest), “ “Voyageuses, chroniqueuses et pamphlétaires britanniques: mémoires de la Révolution française et construction d’une autorité historiographique” (modérateur : Jeremy Elprin).
11 février 2027, SH027 : Léa Lesellier, « Auctorialité préféministe : regard sur le travail littéraire de Catharine Trotter », et Marine Ollivary, ““My pen has been taken up in the cause, and for benefit, of my own sex” : Mary Hays et les revendications proto-féministes à travers les biographies de femmes ». Séminaire des doctorants.
18 février 2027, salle de spectacle de la Maison de l’Etudiant : Sébastien Daucé (chef d’orchestre de l’ensemble Correspondances, en résidence au Théâtre de Caen), “Jeux d’amour et de pouvoir : Purcell’s The Fairy Queen, une conférence musicale” (modératrice : Laetitia Boaretto). Horaire inhabituel 14h-17h.
11 mars 2027 : Anne Sweet (École Nationale des Ponts et Chaussées), “Feminist Sexuality and Sensibilities Liberated on Screen: Provocations and Transgressions in the Works of UK Filmmaker Emerald Fennell” (modératrice : Amy Wells).
1er avril 2027, SH027 : Antoine Simms (CREA, Nanterre) « La génération MTV et ses auteurs : fabrique médiatique et réappropriation métafictionnelle » (modérateur : Sébastien Mignot). 8 avril 2027, SH027: Gérald Préher (Université d’Artois), “ »A luminous, sulphuric glow »: The Novella in Theory and Practice (Mansfield, Dinesen and McCullers)” (modérateur : Bertrand Cardin).
Responsables scientifiques : Christine Lorre et Armelle Parey ; Léa David et Léa Lesellier (doctorants)
En lien avec la thématique commune aux deux équipes internes de l’équipe, « Pouvoir(s) et Représentation(s) : configurations, circulations, nouvelles pratiques », le séminaire ERIBIA s’intéresse aux notions d’auteur, d’auctorialité et d’autorité.
Le terme auctor désigne le fondateur, l’instigateur, celui qui fonde et établit, le grand ou souverain Auteur n’étant autre, selon la tradition, que le Dieu créateur qui, à l’origine du monde, fait naître et croître. Par extension, l’auctor devient celui qui donne naissance à une œuvre et la développe, acquérant ainsi le sens de principe organisateur qui lui est communément attribué aujourd’hui. Associée à la responsabilité d’une œuvre, l’autorité, du latin auctoritas, dérivé de auctor, désigne le fait d’être auteur et revêt à la fois le crédit d’un artiste et de son œuvre, d’un écrivain et de son texte, mais aussi le pouvoir d’imposer l’obéissance. Parce qu’ils sont dotés de ce pouvoir, les textes de l’Ecriture en particulier font autorité. Par la suite, le terme s’applique à la force d’une référence ou d’une citation servant de modèle, à l’état d’une personne reconnue comme un exemple, jouissant d’une indéniable considération, d’une supériorité morale.
Les sens du mot ‘autorité’ ont beau évoluer, les notions de force, de pouvoir, de supériorité demeurent. Conviennent-elles bien à l’auteur ? Ce dernier est-il vraiment le tenant d’un pouvoir ? N’est-il pas le détenteur d’une autorité par héritage ou par abus de langage ? Car enfin, sur quoi porte ce pouvoir ? Certes l’écrivain jouit d’un droit de possession sur son texte dont il est le garant, s’en fait caution, l’autorise et peut garantir la vérité des énoncés transmis, mais n’est-il pas valorisé avant tout par ce qui fait de lui un auteur, à savoir son originalité, sa singularité, son auctorialité, son authorship ? La pratique intertextuelle, avec citations, références et allusions à d’autres textes, ne remet-elle pas en cause la notion d’autorité de l’auteur ? Ne la supplante-t-elle pas par la notion plus discutable d’autorité du texte ? L’intertextualité est-elle le signe d’une autorité en crise ?
Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que la notion d’intertextualité s’impose dans le discours de la critique littéraire en un contexte de crise, comme le souligne Antoine Compagnon : « Nous sommes en 1968 : le renversement de l’auteur, qui signale le passage du structuralisme systématique au poststructuralisme déconstructeur, est de plain-pied avec la rébellion antiautoritaire du printemps ». La notion d’intertextualité émane de la mort de l’auteur. Elle est issue de son autorité en crise et c’est autour de lui que se concentre la controverse des années 1960 sur le texte. Aux anciens, défenseurs de l’histoire littéraire, pour qui l’auteur est le principe producteur et explicatif du texte, s’opposent les modernes, partisans de la nouvelle critique, pour qui « l’auteur n’est jamais rien de plus que celui qui écrit ». Pour ces derniers, dont Barthes est un des éminents porte-parole, le texte « libère une activité que l’on pourrait appeler contre-théologique, proprement révolutionnaire, car refuser d’arrêter le sens, c’est finalement refuser Dieu et ses hypostases, la raison, la science, la loi ». Pour Barthes, qui procède par allusion à l’étymologie du mot auctor, refuser Dieu, c’est nier l’omnipotence de l’auteur. La mort de l’auteur entraîne derrière elle la polysémie du texte, la promotion du lecteur et une liberté du commentaire, notamment une reconnaissance du texte comme « un tissu de citations ». Née d’une crise d’autorité, l’intertextualité est donc le contrecoup de l’exclusion de l’auteur. Le sens commun, cher à Compagnon, nous incite aujourd’hui à nuancer la théorie radicale de la mort de l’auteur et à reconnaître avec lui qu’ « il paraît difficile de ranger l’auteur au magasin des accessoires ». Comme il n’existe pas d’auteur sans littérature, il n’existe pas de littérature sans auteur. Ce dernier indexe l’œuvre à la littérature. C’est sous son nom que les textes s’inscrivent en elle. Toute citation, toute référence induit des figures d’auteur dont le nom est inséparable du texte auquel on l’attache. Aussi n’est-il pas radicalement condamné par la théorie littéraire proclamant la mort de l’auteur, mais son fonctionnement s’en trouve éclairé d’une nouvelle façon. Son statut est également changé. La mort de l’auteur laisse ainsi apparaître une nouvelle idée de l’auteur et donc de l’autorité, désormais supplantée par la notion d’auctorialité.
Alors que l’autorité impose une figure d’auteur détenteur d’un pouvoir sur le sens de son texte, l’auctorialité l’envisage comme une instance de régulation du texte, en dehors de toute prétention à déterminer le sens. Le concept d’auctorialité permet de maintenir la présence de l’auteur sans pour autant croire en son pouvoir, en son utilité herméneutique. C’est le statut même de l’écriture qui s’en trouve questionné : qu’est-ce qui justifie que l’auteur soit tel ? Quelle position occupe-t-il par rapport à son texte ? L’auctorialité interroge le texte, en désignant ses conditions de possibilité elles-mêmes, et tendrait à penser qu’être auteur, ce n’est autre qu’assumer son discours et lui conférer une certaine cohérence. C’est tisser le lien entre un texte et un nom, car l’auctorialité suppose l’unicité de l’auteur.
Sur les cinq années à venir, les séances des séminaires déclineront donc ces pratiques liées à l’auteur, l’auctorialité, l’autorité selon des approches et points de vue divers et variés.
Séminaires passés
Programme Séminaire Auteur, auctorialité, autorité 2025-2026
Programme Séminaire Auteur, auctorialité, autorité 2024-2025
Programme Séminaire Auteur, auctorialité, autorité 2023-2024
Séminaire Doc’ – Le séminaire des doctorants de l’ERIBIA
Responsable : Léa David
Le séminaire des doctorants est un événement organisé par les doctorants du laboratoire ERIBIA afin de proposer aux jeunes chercheurs une plateforme d’expression sur laquelle présenter leurs travaux et discuter de leurs expériences personnelles au gré de séances thématiques.
Thématique 2022-2026 : « Le Pouvoir: Images, voies et échos ».
Voir les séances du Séminaire Doc’ sur Canal U
