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CFP « Formes et expressions du temps long dans les albums de jeunesse anglophones d’aujourd’hui »

10 novembre 2022 · 8h0031 janvier 2023 · 17h00

Colloque international

« Formes et expressions du temps long dans les albums de jeunesse anglophones d’aujourd’hui »
Université de Caen Normandie – 29 et 30 novembre 2023

Thou still unravish’d bride of quietness,
        Thou foster-child of silence and slow time,
Sylvan historian, who canst thus express
A flowery tale more sweetly than our rhyme: […]
                                            Keats, “Ode on a Grecian Urn”, 1820

A la fois objet commercial et œuvre d’art, l’album de jeunesse se fabrique, se vend, s’achète, s’offre, s’emprunte dans les bibliothèques, se découvre en ligne, se prête ou se collectionne. Il est lu et regardé, re-lu et re-regardé, feuilleté à l’envers, touché et manipulé, comme y invite la dimension multi-sensorielle associée à la matérialité de l’objet livre (Van der Linden, 2006 ; Ouvrard, 2022).

Dans certains cas, le contenu est uniquement pictural (livres sans texte). Ce sont de fait les illustrations qui fondent la nature du genre « album » (Mickenberg et Vallone, 2011). Le temps nécessaire pour s’imprégner des détails d’une image ou d’un tableau est d’ailleurs souligné par Felski (2020) dans son ouvrage consacré aux liens affectifs que les individus tissent avec l’art. Browne évoque lui aussi la complexité des images dans Playing the Shape Game (2011), tout comme Bang plus récemment (2016).

Les créateurs d’albums gardent en tête qu’ils s’adressent à des enfants mais, on le sait, ils pensent également aux adultes (Nodelman, 2008) : le parent qui lit à voix haute des histoires à ses enfants ; l’adulte qui lit pour lui-même parce qu’il/elle est bibliothécaire, libraire, critique, enseignant(e), qu’il/elle travaille avec des enfants, et qu’il/elle se familiarise avec le contenu d’un livre nouvellement arrivé.

L’album de jeunesse, comme rappelé par plusieurs chercheurs dans ce domaine (Prince, 2021 ; Mickenberg et Vallone, 2011), a pour but d’instruire et d’amuser les enfants. Il transmet des valeurs (modifiées au fil des époques), des façons d’envisager le monde et d’être au sein du monde, de percevoir les autres avec leurs manières de vivre ou de se comporter. Il constitue un accompagnement à l’expérience vécue.

Régulièrement, les créateurs et les éditeurs qui travaillent ensemble perçoivent la nécessité de faire évoluer les contenus et les styles des albums à la lumière des changements qui se font jour dans la société (Prince et Thiltges, 2018).

Le colloque propose de réfléchir à la place qu’occupe le TEMPS LONG dans l’album de jeunesse contemporain, depuis 2000, en anglais. Ce temps long, ce « temps lent », pour reprendre l’expression de Keats, s’oppose au temps fractionné par les micro-tâches et fragmenté par les sollicitations qui s’accumulent, au temps consacré à « lutter contre le temps » (Chalanset et Danziger, 1994). Plusieurs pistes d’analyse de corpus pourraient alors être envisagées en ce qui concerne ce TEMPS LONG qui peut impliquer le temps comme thématique et/ou comme esthétique au cœur même des albums mais aussi le temps associé aux moments de lecture, d’observation et d’échanges entre l’adulte et l’enfant, ou encore la qualité, la profondeur, le rayonnement de ce temps-là.

Nous aimerions susciter la réflexion à partir d’exemples d’albums de jeunesse singuliers ou de la mise en réseau d’albums d’un même auteur ou de plusieurs auteurs, illustrant une autre façon de faire l’expérience du temps – étendu, contemplatif, silencieux, inventif, et ainsi une autre expérience du monde et des autres. On peut penser à l’analyse d’un titre en particulier avec des albums tels que Fletcher and the Caterpillar (2021), Little Sap (2021), Another (2019) ou encore Watercress (2021). On peut également songer par exemple aux œuvres de Julie Fogliano, Lane Smith, Kevin Henkes ou encore Nikki McClure (la liste est loin d’être exhaustive). Le colloque est aussi potentiellement ouvert à des traductions d’albums en français vers l’anglais ; Notre cabane de Marie Dorléans (2020) a par exemple été traduit sous le titre Our Fort en anglais (2022).

Les propositions de communication (en français ou en anglais) devront être envoyées à Véronique Alexandre (veronique.alexandre@unicaen.fr) et Elise Ouvrard (elise.ouvrard@unicaen.fr) avant le 31 janvier 2023 et seront accompagnées d’une courte bio-bibliographie d’une quinzaine de lignes.

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International conference

« Forms and expressions of slow time in contemporary English picturebooks »
University of Caen – 29 and 30 November 2023

Thou still unravish’d bride of quietness,
        Thou foster-child of silence and slow time,
Sylvan historian, who canst thus express
        A flowery tale more sweetly than our rhyme: […]
                                            Keats, “Ode on a Grecian Urn”, 1820

As commercial objects and works of art, children’s picturebooks are designed, produced, sold, given as presents, borrowed from libraries, listened to and watched online, lent to friends or purchased by collectors. Picturebooks are read and read again by the same children; they might be read from the back; they are also felt and handled by curious hands as their material nature suggests they should. (Van der Linden, 2006; Ouvrard, 2022).

In some cases, picturebooks are textless. In fact, a picturebook owes its identity to the prominence of pictures in relation to text (Mickenberg et Vallone, 2011). Felski (2020), in a recent book about art and attachment, focuses on the time that it is necessary to spend to encompass the details of a picture or a painting. Browne (2011) considers that an image is a riddle requiring and stimulating observation skills, and Molly Bang (2016) unveils some of the visual stratagems used by artists to communicate effectively.

The authors of picturebooks are aware first and foremost that they address children but it has been shown that adults are never far away (Nodelman, 2008): it might be parents who read out stories to their children; it might be adult librarians, booksellers, reviewers or teachers who read and select picturebooks on behalf of children.

Children’s books, as specialists in the field (Prince, 2021; Mickenberg et Vallone, 2011) remind us, are designed to instruct and entertain children. They convey values (subject to historical change), ways of relating to and experiencing the outside world as well as ways of perceiving other human beings who may have different lifestyles and behaviours.

Artists and publishers working together make it their regular duty to adapt and change the contents and the appearance of picturebooks to match the social transformations at work in the world (Prince et Thiltges, 2018).

The aim of this conference is to reflect on and discuss the role of SLOW TIME in today’s picturebooks published in English (from 2000). SLOW TIME is the opposite of cut-up time, or time divided into small units for the purpose of carrying out numerous tasks, i.e. time spent struggling with time (Chalanset et Danziger, 1994). There might be several ways of dealing with the topic: slow time might be a theme in the narrative (cf. generations, nature, travel, motion…) and its visual unfolding and aesthetics. Slow time might be considered as the implied rule when reading a picturebook to or with children and if so, how can a slow read involving the observation of pictures and a form of exchange be explained and defined? How does the contact with picturebooks influence the adult mind when it comes to reflecting on time?

We would like the speakers to either draw our attention to aspects of SLOW TIME in one particular picturebook (such as Fletcher and the Caterpillar (2021), Little Sap (2021), Another (2019), Watercress (2021) etc.) or a group of books that can serve to illustrate a particular point regarding SLOW TIME. One specific author (Julie Fogliano, Lane Smith, Kevin Henkes, Nikki McClure for instance) might also be selected and their work surveyed with SLOW TIME in mind, or else several authors with various significant kinships relating to SLOW TIME. We are interested in book features or reading processes that encourage silence, contemplation and inventiveness and a different type of connection – less hurried and pressurized – to the world. The conference welcomes the study of books that have been translated from French into English as in the case of Notre cabane de Marie Dorléans (2020) now entitled Our Fort in English (2022).

Please send an abstract (in French or in English), with a short bio-bibliography of a dozen lines, to Véronique Alexandre (veronique.alexandre@unicaen.fr) and Elise Ouvrard (elise.ouvrard@unicaen.fr) by 31  January 2023.

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References:

Bang Molly (2016) Picture This: How Pictures Work, San Francisco, Chronicle Books.

Browne Anthony (2011) Playing the Shape Game, Doubleday Childrens.

Beckett Sandra (2012) Crossover Picturebooks: a genre for all ages, London, Routledge.

Chalanset Alice et Danziger Claudie (dir.) (1994) L’attente : et si demain…, Paris, Editions Autrement.

Felski Jenny (2020) Hooked – Art and attachment, The University of Chicago Press.

Mickenberg Julia L. et Vallone Lynne (dir.) (2011) The Oxford Handbook of Children’s Literature, Oxford University Press.

Nikolajeva Maria et Scott Carole (2013) How Picture Books Work, London, Routledge.

Nodelman Perry (2008) The Hidden Adult: Defining Children’s Literature, Baltimore, The Johns Hopkins University.

Ouvrard Elise (2022) The Children’s Illustrated Literature Book in an Elementary School English Session: An Object Considered in its Materiality? in Bisault Joël, Le Bourgeois Roselyne, Thémines Jean-François, Le Mentec Mickaël and Chauvet-Chanoine Céline (dir.), Objects to Learn About and Objects for Learning: Which Teaching Practices for Which Issues? London, ISTE Group, pp. 3-20.

Prince Nathalie (2021) La littérature de jeunesse, Malakoff, Armand Colin.

Prince Nathalie et Thiltges Sébastian (dir.) (2018) Eco-Graphies – Ecologie et littératures pour la jeunesse, Presses Universitaires de Rennes.

Rudd David (dir.) (2010) The Routledge Companion to Children’s Literature, London, Routledge.

Van der Linden Sophie (2006) Lire l’album, Le Puy-en-Velay, L’Atelier du poisson soluble.

Van der Linden Sophie (2021) Tout sur la littérature de jeunesse de la petite enfance aux jeunes adultes, Paris, Gallimard jeunesse.

Détails

Début :
10 novembre 2022 · 8h00
Fin :
31 janvier 2023 · 17h00
Catégorie d’évènement:

Lieu

Caen · campus 1

Organisateur

ERIBIA